Et maintenant? Nous savons que le prix d’une action est un mauvais indicateur de sa valeur, mais où est le vrai conseil? Le vrai conseil, le meilleur conseil que je peux vous donner, est que lorsque vous achetez des actions d’une compagnie, vous devriez prétendre que vous achetez toute la compagnie, et pas seulement quelques actions. Prétendez que vous achetez le dépanneur familial au coin de la rue, un café-restaurant ou, comme dans l’exemple ci dessus, une voiture d’occasion. La clé est de prétendre que vous achetez toute la compagnie.

Le meilleur conseil en matière de marché boursier

Lisez bien ce qui suit, parce qu’il s’agit du meilleur conseil que vous recevrez de votre vie sur la façon d’investir à la Bourse. Ce seul conseil est suffisant pour déterminer si vous ferez fortune ou non! Et heureusement pour vous, peu de gens s’en servent, même après l’avoir reçu.

Mais avant d’y arriver, revenons en arrière pour examiner la façon dont la plupart des gens investissent à la Bourse. Et plus particulièrement, comment ils décident si une action est bon marché ou chère. Je vous révèle un secret : la plupart des gens se fient au prix de l’action pour déterminer si elle est bon marché ou chère, ce qui est une très mauvaise façon!

Prenons un exemple : imaginez que je vous dis qu’une action vaut 100 $. Est-ce bon ou mauvais? Est-ce cher ou non? Qu’arrive-t-il si l’on compare cette action à une autre qui vaut 10 $? Laquelle est la plus chère? La plupart des gens vont répondre que c’est l’action à 100 $, mais ce n’est pas toujours vrai et, en réalité, cela n’indique pas du tout si une action est bon marché ou chère.

Et c’est là où réside le problème! Le prix d’une action est une terrible mesure de sa valeur. Le prix d’une simple action ne veut rien dire. Oui, RIEN. C’est tout à fait inutile hors contexte.

Pourquoi? Voyons voir. Jetons un coup d’œil à deux compagnies.

La compagnie A possède 1 000 actions à 10 $ chacune.
=> Le prix total de la compagnie est donc 10 000 $.
La compagnie B possède 100 actions à 100 $ chacune.
=> Le prix total de la compagnie est donc 10 000 $.

Dans ces deux exemples, posséder 100 $ en actions de n’importe laquelle des deux compagnies s’équivaut. Autrement dit, posséder 10 actions de la compagnie A à 10 $ l’action vaut la même chose que posséder une action de la compagnie B à 100 $.

Il s’agit ici d’un exemple facile et, bien que ce soit plus complexe dans la vraie vie, le concept demeure le même. Malheureusement, la complexité du monde réel des finances fait en sorte que la capitalisation boursière (la valeur de toutes les actions combinées) n’est pas toujours égale à la valeur réelle d’une compagnie. Par ceci, je veux dire que la compagnie A et la compagnie B peuvent toutes les deux être entièrement achetées pour 10 000 $, mais cela ne veut pas dire qu’elles valent toutes les deux 10 000 $. Une peut valoir beaucoup plus et l’autre, beaucoup moins. C’est comme l’achat d’une voiture d’occasion : le prix peut être de 10 000 $, mais elle peut en valoir 8 000 $ ou même 12 000 $.

Quoi qu’il en soit, pour déterminer si la voiture est bon marché ou chère, en comparaison avec sa valeur, il nous faut d’abord être en mesure de calculer son prix de vente, dans ce cas 10 000 $. Ce n’est que lorsque nous connaissons ce prix (la valeur totale de toutes les actions) que nous pouvons savoir si la voiture (ou la compagnie) est sous-évaluée ou surévaluée.

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En faisant cela, vous vous efforcez d’examiner la compagnie comme un tout. Vous n’allez pas simplement regarder le prix arbitraire de l’action sans aucun contexte, vous regarderez le prix réel pour acquérir la compagnie. Eh oui, le prix de l’action est totalement arbitraire parce qu’une compagnie peut procéder à une division ou à un regroupement d’actions en tout temps pour améliorer la perception des investisseurs sur le prix de l’action. Lorsque cela se produit, le prix de l’action change considérablement, mais le prix de l’ensemble de la compagnie demeure le même. Dans notre exemple, ci-dessus, la compagnie B pourrait effectuer une division 10:1, ce qui signifie que vous recevez 10 actions pour chaque action. Pour la compagnie B, cela signifie que ces 100 actions deviennent 1 000 (10 x) actions et le prix serait ajusté à 10 $ l’action au lieu de 100 $ l’action. Essentiellement, vous passeriez à la compagnie A.

Si vous prenez le temps de bien y réfléchir, cela vous fera voir l’achat d’actions très différemment et c’est la plus importante partie du conseil. Par exemple, vous n’allez plus considérer seulement le prix d’une action, vous voudrez vous assurer qu’elle en vaut la peine. Achèteriez-vous un café-restaurant qui perd un million de dollars par mois? Pourtant, bien des gens achètent des actions de ce genre parce qu’ils ne regardent pas l’action comme étant l’ensemble d’une compagnie, ils ne voient que le prix individuel de l’action. Achèteriez-vous un café-restaurant pour un million de dollars si le maximum de revenus qu’il peut atteindre est 50 000 $ par année? Cela se produit tout le temps sur le marché boursier. Et si le café-restaurant se vendait au prix de 100 000 $ et qu’il générait des profits de 100 000 $ par année? Et si ces deux cafés-restaurants vendaient chacun leur part au prix de 50 $ l’action, mais avaient simplement un nombre différent d’actions?

Je dirai rapidement que nous ignorons la valeur de l’actif des compagnies, laquelle est aussi très importante. Ce n’est pas le terme correct, mais c’est plus facile à introduire ainsi. Essentiellement, c’est la valeur des actifs de la compagnie après ses profits. Cela pourrait être de l’argent comptant dans une banque, mais cela pourrait aussi être des choses comme des usines, de l’inventaire, des biens immobiliers, etc. Un autre petit conseil : faites attention lorsque vous regardez la valeur comptable (actifs) parce que plusieurs compagnies badinent avec les chiffres, elles trouvent des façons de gonfleur la valeur de leurs actifs. Une façon courante est la survaleur qui peut s’appliquer sur la valeur du nom de marque, entre autres. Aussi, il arrive souvent que la valeur comptable soit plus élevée que la valeur de liquidation. Dans tous les cas, une compagnie qui possède un million en espèces, qui n’a aucune dette et qui tire un profit de 10 % est un meilleur choix qu’une compagnie avec des dettes d’un million et un profit de 10 %. Vous pensez peut-être que cela n’arrive pas, mais cela arrive constamment. Une compagnie (FPI*) dans laquelle j’ai investi, il y a plusieurs années, possédait des biens immobiliers valant plus de deux fois la valeur de l’action, et la compagnie n’avait besoin que de louer à 30 % pour être rentable, mais elle louait constamment à 85 %. Et, parce qu’il s’agissait d’un FPI, la compagnie payait en plus un dividende annuel de 3 à 5 %. Il y a des compagnies qui sont sous-évaluées, sauf qu’elles sont difficiles à trouver dans un marché en effervescence.

Un autre petit conseil qui fait vraiment une différence est la durée de détention, c’est-à-dire combien de temps vous planifiez conserver une action avant de la vendre. Lorsque vous achetez un café-restaurant, l’achetez-vous en espérant le revendre dans quelques jours ou quelques semaines? Probablement pas. Après tout, si vous êtes pour mettre beaucoup de temps et d’efforts dans la recherche et l’acquisition, vous voulez vous assurer qu’il s’agit d’un actif de valeur pour une durée plus longue. Acheter et vendre des actions rapidement va réduire vos profits considérablement pour toutes sortes de raisons, comme les taxes entre autres, par des montants beaucoup plus élevés que ce que la plupart des gens croient. Ça vaut la peine de choisir des actions solides. 

Ce seul conseil, celui de considérer l’achat d’actions comme si l’on achetait l’ensemble de la compagnie au lieu d’une seule action, va modifier considérablement votre façon de penser. C’est un simple conseil qui aura des répercussions profondes et très positives sur votre point de vue concernant les compagnies dans lesquelles vous allez investir. Et c’est grâce à cette différente façon de voir les actions que vos meilleurs gains apparaîtront. De spéculateur, vous allez commencer à devenir un investisseur.

* Fonds de placement immobilier