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Ménage du printemps

Les beaux jours reviennent! Il est grand temps de ranger les affaires d’hiver, de sortir celles d’été et de préparer les outils de jardinage. Cependant, faites attention : un corps engourdi par l’hiver devra prendre quelques précautions. Certains gestes courants sont source de blessures : la

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région du dos souffre assez souvent au printemps, après quelques heures de désherbage ou après avoir rangé trop de boîtes et de malles.

 

Nous aborderons ce mois-ci les principes reliés aux blessures du dos : anatomie, pathologie et biomécanique, qui nous mèneront à des conseils accessibles à tous. Le mois prochain, nous aborderons des exercices reliés aux explications d’aujourd’hui.

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Anatomie

L’anatomie du dos est d’une splendide complexité. Les vertèbres (parties osseuses qui forment la colonne vertébrale) sont reliées entre elles par des articulations dont font partie nos disques. Ces rondelles de cartilages nous servent à absorber les chocs. Si elles s’abîment, elles peuvent appuyer sur certains nerfs, engendrant ainsi des problèmes tels que les sciatiques. La stabilité des vertèbres est donc primordiale : les ligaments et les muscles du dos se chargent de la maintenir. Souvent, une défaillance musculaire constitue la source du problème. En effet, nos muscles se partagent un travail colossal : ils sont chargés de maintenir la stabilité du tronc, en limitant les mouvements des vertèbres, mais ils ont aussi pour mission de nous aider à bouger (flexion, extension, rotation du dos). Certains agissent comme de puissants élastiques, tandis que d’autres s’apparentent plus à une ceinture de sécurité. D’autres encore ressemblent aux câbles du pont Provencher, s’accrochant de part et d’autre de notre colonne vertébrale.

Le secret pour ne pas se faire mal? Il en existe plusieurs. Le plus important est peut-être de démarrer doucement. Ne passez pas six heures dans le jardin dès que le temps le permet, vous risqueriez de le regretter dans les jours qui suivent. Débutez par des tâches simples (ramasser les feuilles, tondre la pelouse) avant de creuser ou de pelleter quoi que ce soit. Veillez à bien vous reposer : il est parfois plus sage de s’asseoir sur un petit tabouret lors d’activités telles que le désherbage.

 

Pathologie

Voici la liste des blessures potentielles : hernies discales, sciatiques, fractures des vertèbres, entorses ligamentaires et déchirures musculaires. La bonne nouvelle dans tout ça? Chez une personne en bonne santé, ces blessures sont rares, car le squelette et les ligaments sont bien trop solides pour s’abîmer (ces blessures surviennent généralement à la suite d’une chute ou d’un accident de voiture).

Au risque de surprendre quelques lecteurs, voici un fait véridique qui devrait vous rassurer : il n’existe aucun lien formel entre certaines « anomalies » anatomiques et les douleurs du dos. Autrement dit, on peut avoir une hernie discale sans souffrir, ou au contraire, ressentir un blocage ou une douleur dans le dos alors que rien n’apparaît lors d’examens tels que les radiographies et les IRM. Le dos souffre plus souvent d’un dysfonctionnement général : en gros, un « ras-le-bol », qui peut se manifester de plusieurs façons, mais qui est presque toujours accompagné de spasmes musculaires et de tensions lombaires. C’est donc à nos muscles que nous ferons le plus attention. En analysant d’un peu plus près nos mouvements et nos habitudes, nous pourrons éviter d’éventuels problèmes.

Biomécanique

En biomécanique, tout est question de force et de levier. Plus une masse est éloignée d’un axe de rotation, plus cette masse nous paraîtra « lourde ». Notre premier conseil portera donc sur la distance à garder entre une boîte que l’on soulève du sol ou d’une table. C’est simple : gardez l’objet le plus près possible de vos jambes et de votre torse. Si vous n’êtes pas convaincus, tentez l’expérience suivante : saisissez un objet relativement lourd et maintenez-le devant votre nez quelques secondes, le coude plié. Facile? Répétez l’expérience, mais cette fois, étendez complètement le coude. Vous ressentirez rapidement une différence : plus la masse est loin, plus l’épaule doit forcer. Ce phénomène explique que votre dos sera bien plus heureux si vous évitez de porter des boîtes à bout de bras.

De nombreux autres principes biomécaniques et physiologiques expliquent les conseils qui suivent. Mais printemps rime aussi avec vacances pour certains de nos lecteurs : je vous épargnerai donc ce développement, et vous propose une liste simplifiée.

 

D’autres conseils, pêle-mêle :

  • Évitez de trop arrondir le dos. Si possible, maintenez sa cambrure naturelle, présente lorsque l’on se tient bien droit(e).

 

  • Servez-vous de vos hanches plus que de vos genoux. Maintenez la cambrure naturelle du dos, serrez le ventre, et n’ayez pas peur de vous pencher vers l’avant.

 

  • Pas de mouvement brusque. En un mot : « fluide », pas forcément « lent ».

 

  • Assurez-vous de bien saisir l’objet en question. De nombreux problèmes surviennent lorsqu’on essaye de rattraper quelque chose qui tombe.

 

  • Serrez le ventre, tout en maintenant une respiration normale. Cela devrait suffire à bien stimuler les muscles qui maintiennent notre stabilité lombaire.

 

  • Ne faites pas les fous : évitez de boire/fumer avant d’entreprendre des travaux ou des déménagements, car on se blesse plus facilement sous l’effet de substances psychotropes.

 

Allez-y, rangez et jardinez, mais pas n’importe comment! L’été sera long, ne vous pressez pas.

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